• Domaine : VILLENEUVE (Dne. de)
  • Vigneron : Stanislas Wallut
  • Région : Vallée du Rhône
  • Label : Agriculture biodynamique

Le producteur

Arriver à Châteauneuf-du-Pape par Orange, c'est un peu entrer dans la lande. D'immenses étendues de vignes en pente douce vers la colline et le village. De rares routes se croisent, des carrefours brandissent leurs étendards de panneaux malmenés par le vent : Marcoux, Beaucastel, Les Cailloux, La Vieille Julienne...Un chapelet de grands noms sur les quatre horizons. C'est bien là que se trouve le domaine de Villeneuve, mais nulle pancarte, il faut se trouver face à l'allée pour lire au pied d'un cyprès le nom du domaine.

On s'engage sur le chemin, deux chiens jumeaux nous font la fête avec le mistral, et sur la gauche on trouve la jolie maison, entourée de vignes, mais aucun chai en vue. Le vin, ou est-il ?!

Quand monsieur De Blicky et monsieur Wallut rachètent le domaine en 1993, il n'y a rien pour vinifier. Dans un premier temps, les vinifications se feront chez André Brunel, des Cailloux, en attendant que le futur chai soit construit : il sera enterré entre la maison et les parcelles du devant. Nous y descendons. Plus qu'une cave, c'est un étrange bunker immergé sous terre, seul le haut des cuves affleurant au pied des vignes.

A huit mètres de profondeur, le vin travaille au frais, les idées se font plus claires.

Ce chai enterré permet de travailler la vendange par gravité. Après un tri sévère (depuis 2005, toutes les grappes sont triées grain par grain !), et un égrapage total (de 70 à 80% de la récolte au début, en totalité sur les derniers millésimes), le raisin est entonné directement depuis les vignes. Les vendanges se déroulent en général sur la première quinzaine d'octobre, ce qui est relativement tard pour l'appellation. Les fermentations se mettent en place sur levures indigènes et durent une vingtaine de jours. Des extractions douces sont privilégiées, par délestage. Puis les vins de goutte et de presse sont élevés séparément. L'élevage dure environ 18 mois, en cuve et en barriques (20% environ & avec peu de bois neuf, juste de quoi assurer le renouvellement des pièces).

Nous remontons l'escalier, de l'autre côté de ce grand mur en béton, se trouvent les terminaisons racinaires des vignes du domaine. Une des chance de Villeneuve est d'être doté pour l'essentiel de vieilles vignes, parfois centenaires. Si elles n'ont pas toujours eu la vie facile, depuis 1993 elles connaissent une deuxième jeunesse. Dès leur arrivée, les nouveaux propriétaires les passent immédiatement en agriculture biologique. En 1999, c'est le passage à la biodynamie à l'instar des domaines Marcoux et Pierre André. Stanislas Wallut essaye de limiter au maximum les traitements, même s'ils sont de nature biodymique. Le souhait est d'avoir une végétation qui s'autorégule au maximum. La vigne y gagne une solidité et une résistance vis à vis des millésimes extrêmes comme 2003.

Nous voici dehors, Stanislas Wallut regarde le paysage, cette belle et austère lande de ceps, la monoculture le questionne, il a commencé à planter des fruitiers.On aimerait bien revenir, les voir en fleurs.

Le mistral souffle encore, il ne nous reste plus qu'à goûter.

Ce qui nous a d'emblée séduit dans les vins du domaine, c'est leur finesse. 2004 et 2005 ont des caractères bien différents mais partagent un trait de famille : ce toucher de bouche si délicat. Ce n'est pas que cela tire vers la Bourgogne, non, il s'agit bien d'un Châteauneuf-du-Pape, avec cette texture douce et moelleuse si typique, mais la fraîcheur, le « jus » et le dessin en font un vin un peu à part, «distingué», un vin profond et habité, sans artifice. Un vin fait pour le temps et le sensible.

Données techniques :

superficie du domaine : 8,40 hectares

70% de grenache
16% de mourvèdre
8% de syrah
4% de cinsault
2% de clairette

90% des vignes ont entre 30 et 90 ans

rendement moyen entre 24 & 28 hectolitres à l'hectare